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Alors que vous parcourrez cet infini plan d’eau à motoneige lors d’un séjour d’hiver au Canada, vous pourrez vous dire que vous franchissez une page d’histoire du Québec qui mérite d’être partagée. Bienvenue sur le Réservoir Baskatong, qui abrite un village sous l’eau.

C’est en 1927 que le village d’une centaine d’habitants a été englouti sous les eaux, suite à la construction du barrage Mercier. Mais revenons au tout début de l’histoire de la petite municipalité de St-François-Xavier-de-Baskatong, qui provient d’un nom algonquin : Obiskitawang ou Obassktaong qui signifie l’endroit où l'eau est resserrée par le sable, ou bien Bskaton de Piskita, signifiant lac plié ou glace pliée. L’origine du nom demeure incertaine. 

Une petite rivière devenue grande

Vers les années 1850, les premiers colons s’installent aux abords de la rivière Baskatong, là où la forêt offre une multitude de possibilités. Les chantiers forestiers sont un espoir de développement et, ceux de la compagnie Gimour & Hughson, ont des emplois pour les hommes venus s’établir aux alentours. En 1865, le village compte une centaine d’âmes courageuses qui doivent combattre le froid l’hiver, les moustiques l’été. De 1870 à 1901, les pères oblats se succèdent et s’acharnent à développer cette mission de « sauvages », comme ils nommaient le village.

La difficile vie d’un village

En 1906, lassé de devoir prodiguer ses services religieux à l’un des hôtels du coin, le père Guinard ordonne la construction d’une chapelle et d’une sacristie. Une école et un marchand général viennent ajouter un peu de dynamisme à ce petit village situé entre deux régions, la Vallée-de-la-Gatineau et les Hautes-Laurentides.

La communauté n’arrive toutefois pas à devenir florissante. La démographie reste faible et les colons tirent le diable par la queue. Le père Guinard, trouvant le village trop misérable, décide de le mettre sous la protection de Notre-Dame-de-la-Pitié, qui représente la compassion absolue.

L’arrivée du barrage et la disparition d’un village

En 1927, suite à la construction des barrages Mercier et Lacroix, le village de St-François-Xavier-de-Baskatong est englouti sous les eaux. On prend toutefois soin de démolir l’église et de la transporter, par cage, jusqu’au tout nouveau village avoisinant, Grand-Remous.

Les corps du cimetière sont également déplacés, puis on dit adieu au village et à tous les bâtiments qui le compose. 

La naissance d’une mer intérieure

Aujourd’hui appelé Réservoir Baskatong, cet impressionnant plan d’eau fait figure de véritable mer intérieure. D’une superficie de 413 km2, les motoneigistes la sillonnent avec un grand plaisir. Une si vaste étendue recouverte de neige, un terrain de jeu extraordinaire à découvrir.

Si vous avez l’opportunité de faire une escapade en motoneige dans la belle région des Hautes-Laurentides au Québec, sachez que le Réservoir Baskatong sera un incontournable de vos activités. Et puis, gardez en tête que tout en bas, à environ 95 mètres de profondeur, se trouve un village englouti où des rêves ont pris vie, où des espoirs ont grandi.


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